Jour 1 : de Paris à Orléans

Longueur de l’étape : 131 km

11h45 : Arrivée à Créteil au siège de Harley-Davidson France, la Mecque du biker. Nous retrouvons François Tarrou, tout d’orange et de noir vêtu, qui nous adoube et nous confie nos trois Excaliburs : une Electra Glide Ultra Classic, une Electra Glide Standard et une Street Glide. Comme leurs noms l’indiquent, de quoi glisser sur les routes en direction de l’Espagne, et en musique s’il vous plaît (si seulement nous n’avions pas oublié nos disques de Led Zeppelin… Autoroute FM, au bout d’un moment, ça lasse…).
13h : après la prise en main et le fastidieux chargement des bagages (ça prend de la place, un photographe), nous démarrons les énormes bicylindres en V dans un vacarme réjouissant et le pèlerinage tant attendu commence. Le chapeau à large bord du pèlerin de Compostelle sera devenu pour nous un casque à visière, le bâton de marche (le bourdon) un guidon avec cruise control et la besace un top-case rempli à ras-bord.
Premier jour, petit trajet, histoire de prendre nos marques. Destination : Orléans, fief de Jeanne la pucelle. En chemin, les grandes éoliennes qui tournent dans le vent sont comme une haie d’honneur, de longs bras maternels qui nous poussent gentiment vers le sud. Inquiétés par les prévisions météos, nous savourons les rayons du soleil en enroulant les kilomètres d’asphalte. Dans les rétroviseurs, la joie se lit sur les visages.

16h : Arrivée à Orléans. A peine le temps de poser nos affaires à l’hôtel et nous retrouvons notre guide à l’office du tourisme. Documentation pour l’Apothicaire oblige, nous lui demandons de se concentrer sur les treizième et quatorzième siècles. De la cathédrale Sainte-Croix, nous retenons donc les anciennes chapelles et le chœur. Un concert se prépare et nous profitons des répétitions d’un organiste alors que, anachronisme malheureux et quelque peu déplacé, le logo d’un groupe bancaire, sponsor de la soirée, est projeté sur les piliers de pierres taillées… Dans son coin, Paolo cristallise l’édifice gothique de son objectif averti pendant que nous cherchons, en vain, les restes de la croix du Christ. Ce genre de reliques, c’est un peu comme les archives de la CIA sur la mort de Kennedy : invisible. Nous quittons la cathédrale, traversons la vieille ville et ses successions de maisons du XVème siècle, à colombages, longeons les ruelles baptisées du nom des artisans qui les occupaient jadis (rue des escrivains, des tanneurs, des bouchers…)  pour arriver à la crypte Saint-Aignan, lieu de pèlerinage ancestral où l’on venait vénérer la dépouille de cet homme qui sauva la ville de l’invasion des Huns. A nouveau, la relique n’est plus là. Nous sommes des chasseurs d’invisible.


A défaut de cadavres canonisés, nous partons à la recherche de notre première coquille de Compostelle. Après tout, même en Harley, nous sommes des jacquets* comme les autres… C’est sur la façade de la Chapelle Saint-Jacques que nous la découvrons.
Vers 19h, la guide nous quitte, et nos quatre gosiers, de concert, crient leur désir de bulles et de houblon.
Le reste nous appartient. Sachez seulement qu’il fut question de canard.
Mais il est déjà tard et, telle Jeanne d’Arc qui entendait des voix divines, ce sont celles de nos lits qui nous appellent. Alors let the good times roll et à demain !

* C’est ainsi que l’on surnomme les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.

Vidéo du Jour 1 :

Vidéo bonus du Jour 1 :

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